10 novembre - notes d'Alain Vergnes

Publié le par Jean-Michel Verdan

La photographie ou l’art de dépasser le simple constat de la réalité

                                     Comment,  jusqu’où  et déontologie ?

 

Lors de la réunion d’ouverture de l’Atelier photographique animé par Jean-Michel une des leçons que j’ai retenu c’est qu’en matière de photographie il faut savoir passer du simple constat à un point de vue « artistique » N’ayons pas peur des mots !

 

Plus facile à dire qu’à faire, mais on est là pour y parvenir. En tout cas on l’espére !

C’est donc devenu un de nos challenges – dépasser le simple constat de la réalité malgré toute l’ambigüité que cela génère quant il s’agit de photographie.

 

Ainsi certains, en tant que « spectateurs » ne cherchent dans la photographie qu’une simple représentation de la réalité et n’admettent pas qu’il en soit autrement. Certains trouvent même scandaleux qu’il puisse en être autrement. Quand ils sont « auteurs » ils vont jusqu’à refuser toute « manipulation » de l’image brute sortie du boitier.

A l’opposé d’autres n’hésitent pas à s’affranchir complètement de la réalité. Pour eux tous les moyens sont bons pour imposer « leur point de vue ».

 

Alors dépasser le simple constat ? Certes, mais jusqu’où, sans trahir la réalité,  et quelle attitude adopter en tant qu’auteur ?

 

Cette question a fait l’objet d’un début de débat à l’occasion de la réunion du club avec Jean-Luc Fournier – professeur à l’ENSP d’Arles. J’ai retenu qu’en fait pour lui la seule limite qu’il y voyait était de « ne pas occulter le propos principal » et qu’au-delà c’est du domaine de la responsabilité personnelle du photographe de mentionner ou non les « manipulations » qu’il a fait subir à l’image pour appuyer son propos. Certains s’y refusent de façon à provoquer des réactions de la part des spectateurs.

 

Sauf à se situer dans le cadre du photojournalisme, je pense pour ma part que cela n’a pas de sens de s’imposer des limites, et encore moins si l’on a une prétention qu’on qualifiera d’« artistique ». Dans ce cas, la question de faire ou non mention des « manipulations » de l’image ne se pose même plus.

C’est comme si, à l’occasion d’un portrait ou d’un paysage, on demandait à un peintre d’expliquer que ce qu’il a représenté n’est pas en fait exactement la réalité !!!

 

Alors pourquoi le demanderait-t-on à un photographe ?

 

Qu’en pensez-vous ?

 

Pour alimenter le débat voici en pièce jointe une interview de Pierre&Gilles parue dans la revue PHOTO  N°456 de janvier-février 2009 – N° spécial amateurs (concours 2008) et le lien pour accéder à leur site : http://www.optimistique.com/pierre.et.gilles/

 

 

Alain Vergnes                                                                                                  08/11/2009

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Alain Vergnes 20/11/2009 16:47


au lieu de dire - la tentation de présenter de " belles photos " esthétiquement parlant - il vaudrait peut-être mieux dire - la tentation "d'embellir " les photos.


Alain Vergnes 19/11/2009 16:56


Merci Nicolas pour ton commentaire. Il enrichit bien le débat.
Pour ma part je trouve qu'il compléte bien ce que j'ai essayé d'exprimer quand tu fais référence à l'intentionnalité qui peut aller de soi, mais pas toujours et la différentiation nécéssaire
selon le type de photos auquel on a à faire (photojournalisme, pub, ...) ce qui n'est pas toujours facile, car il y a toujours la tentation de présenter de " belles photos " esthétiquement
parlant.
Pour moi aussi une photo doit parler d'elle-même. Et là il y aurait beaucoup à dire quand on voit comment certains photographes accompagnent leurs expositions de textes interminables et quasi
inintelligibles pour le commun des mortels ! Ce pourrait être l'objet d'un autre débat.


Meyer Nicolas 17/11/2009 16:38



merci Alain pour cette mise en perspective de la vision orthodoxe ou non de la démarche photographique, je partage ton point de vue sur la liberté artistique. Et s'il en est d'esprit puriste de
certains concernant par exemple la retouche, ou le post traitement de l'image, considèrant cela "impur", je ne partage leur avis que si l'intentionalité est absente ou si c'est un travail
seulement graphiste, quoique selon le but de chacun cette démarche peut, à l'instar du fanatique du descriptif, être respectable. On ne peut par exemple pas juger d'une photographie
journalistique ou de reportage avec le même oeil qu'une image artistique ni qu'une image esthétique ou publicitaire, par exemple. Il importe donc à l'auteur parfois de préciser sa démarche si
elle ne va de soi dans le contexte, pour aider le spectateur à apprécier celle-ci. Cela même si à contrario l'ambition de tout photographe je pense (en tout cas en ce qui me concerne) est de
s'affranchir de tout autre média que l'image en tant que se suffisant à soi même comme moyen d'expression parfait... mais cela reste dans la plupart des cas une quête, car la lecture
"universelle" ferait abstraction du filtre du spectateur, le regardeur n'est il pas finalement au moins aussi acteur de l'image que le photographe?